
Un nom de domaine premium est un nom déjà enregistré, remis en vente par son titulaire, et dont la valeur tient à ses qualités propres : brièveté, sens, mémorisation, extension. Il s'oppose au domaine que l'on crée de toutes pièces et que l'on enregistre au tarif courant.
La longueur d'abord : un nom court se retient, se dicte et s'écrit sans faute. Au-delà de trois mots ou d'une quinzaine de caractères, la mémorisation chute nettement.
La prononçabilité ensuite. Le test décisif est celui du téléphone : dicter le nom à quelqu'un qui l'écrit sans le voir. Les tirets, les chiffres, les lettres doublées et les homophones, « et » contre « est », « ces » contre « ses », produisent des erreurs de saisie qui coûtent du trafic tous les jours.
Le sens enfin. Un nom descriptif dit ce qu'on fait et se réfère immédiatement au secteur ; un nom de marque, inventé, est plus difficile à installer mais plus défendable juridiquement et plus extensible si l'activité évolue. Les deux stratégies se défendent, et le choix dépend de l'ambition du projet.
En France, le .fr et le .com restent les deux références. Le .com porte une connotation internationale et bénéficie d'un réflexe de saisie ancien ; le .fr inspire confiance à un public français et reste plus disponible. Les extensions récentes, sectorielles ou géographiques, sont utiles quand elles font sens avec le nom, et n'apportent rien quand elles servent uniquement à contourner une indisponibilité.
Une règle d'usage constante : si le .com et le .fr correspondant à votre nom sont détenus par un tiers actif dans un secteur voisin, le nom n'est pas un bon choix, quelle que soit l'extension retenue.
C'est la confusion la plus fréquente. Un nom peut être vendu très cher sans être bon, parce qu'il porte un mot-clé recherché mais impossible à prononcer, ou parce qu'un vendeur a fixé un prix sans rapport avec le marché. Inversement, d'excellents noms se vendent à quelques centaines d'euros parce qu'ils ne figurent sur la liste de personne.
Le prix n'est donc pas un indicateur de qualité. Les indicateurs sont ceux énumérés plus haut, plus un cinquième, décisif : la cohérence avec le projet. Un très beau nom sans rapport avec l'activité vaut moins, pour cette activité, qu'un nom moyen parfaitement ajusté.
Trois circuits. La vente à prix fixe, sur des places de marché ou sur le site du vendeur : c'est le plus simple et le plus rapide, et l'acheteur sait immédiatement à quoi s'en tenir. Les enchères, qui conviennent aux noms très demandés. Et la négociation de gré à gré, quand le nom n'est pas officiellement en vente, c'est le plus long, et c'est souvent le seul moyen d'obtenir un nom précis.
Sur le marché francophone, les catalogues classés par thématique et vendus à prix fixe se sont développés : ils rendent le marché lisible pour des acheteurs qui ne sont pas des spécialistes, et c'est probablement l'évolution la plus utile de ces dernières années.
